La rhumatologie belge : une histoire européenne à redécouvrir

La rhumatologie belge : une histoire européenne à redécouvrir 🇧🇪💙 

Saviez-vous que la rhumatologie belge a, dès ses débuts, écrit une page importante de l’histoire médicale européenne ? Grâce au travail passionné du Dr Robert François, nous avons aujourd’hui la chance de redécouvrir des anecdotes et des récits fascinants, tirés de son livre de référence sur l’histoire de notre discipline. 

En cette année de centenaire, nous souhaitons partager avec vous ces pépites historiques, pour rendre hommage à ceux qui ont façonné notre spécialité et rappeler que la Belgique a toujours été un acteur clé dans cette aventure collective. 

Quelques moments marquants de cette épopée : 

1926 : Dès la création de la Ligue Internationale contre le Rhumatisme (ILAR), la Belgique fut l’une des premières nations à se mobiliser en fondant son comité national. 

1930 : Liège a accueilli le deuxième Congrès de la Ligue Internationale, réunissant des délégations de 17 pays européens et des États-Unis. Un événement majeur pour l’époque ! 

 L’après-guerre et l’EULAR : Des personnalités belges ont œuvré sans relâche pour renforcer la Ligue Européenne contre le Rhumatisme (EULAR), unissant les efforts scientifiques du continent. 

Un combat pour la reconnaissance : Nos prédécesseurs se sont battus au sein de l’Union Européenne des Médecins Spécialistes (UEMS) pour faire reconnaître la rhumatologie comme une spécialité à part entière. 

Tout au long de cette année, nous partagerons avec vous ces histoires et anecdotes, pour célébrer ensemble ce patrimoine unique.

son projet, retardé par la Première Guerre mondiale. En 1925, il fonde enfin la Ligue Internationale contre le Rhumatisme (ILAR). Son cred́o ? « Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. » 

🇬🇧 Robert Fortescue Fox : L’expert pragmatique. Premier président de l’ILAR, ce Britannique a révolutionné l’hydrologie médicale pour rééduquer les soldats blessés pendant la guerre. Son approche ? Des solutions concrètes pour des vies brisées. 

🇫🇷 Jacques Forestier : Le savant sportif. Pionnier de la rhumatologie française, il a inventé des traitements innovants. Mais saviez-vous qu’il était aussi médaillé d’argent en rugby aux JO d’Anvers en 1920 ? Un esprit d’équipe qu’il a appliqué à la science. 

🇧🇪 Et la Belgique dans cette histoire ? Dès 1926, le Dr Isidore Gunzburg, pionnier anversois, relève le défi lancé par van Breemen. Il crée la Ligue Belge contre le Rhumatisme, dont la première assemblée se tient à Bruxelles en 1927, en présence de Van Breemen lui-même. 

Cette tradition d’échange, symbolisée dès 1929 par la revue Acta Rheumatologica, reste aujourd’hui l’ADN de notre société

D’hier à aujourd’hui, le fil conducteur reste le même : la coopération. 

Connaissez-vous la crénothérapie ? 💧 

Bien avant les biothérapies et la radiologie, c’est dans l’eau que la rhumatologie belge a puisé ses racines. Au XVIIIe siècle, soigner les articulations passait par la crénothérapie : l’usage médical des eaux minérales. 

Dans le livre du Dr Robert François consacré à l’histoire de la rhumatologie en Belgique, nous découvrons que nos régions étaient déjà à la pointe de cette « hydrologie médicale », véritable berceau de notre spécialité. 

Pourquoi le XVIIIe siècle est-il crucial pour nous ? 

  • Spa, l’épicentre mondial : Des médecins comme Edmond Nessel (1699) ou Philippe de Presseux (1736) font de Spa la référence européenne pour traiter le rachitisme et la podagre. 
  • La naissance du diagnostic : Le Dr Jean Philippe de Limbourg réalise une avancée majeure en 1763 : il s’efforce de distinguer enfin la « goutte » du « rhumatisme ». Un exploit pour l’époque, sans aucune imagerie ni analyse de sang ! 
  • L’anatomie s’affine : En 1770, Gilles Benoît Ponsart définit déjà le rhumatisme comme une affection des muscles et des tendons, tout en identifiant les premiers tophus. 

Ces pionniers n’avaient que leur sens de l’observation et la pureté de nos sources thermales, mais ils ont jeté les bases d’une compréhension méthodique des maladies musculosquelettiques. 

Célébrer nos 100 ans en 2026, c’est aussi honorer ces trois siècles de recherche belge. 

L’indépendance et l’union : la double mission du FRSR-FWRO 🇧🇪🔬 

À la fin des années 1990, sous la présidence du Professeur Eric Veys, la Société Royale Belge de Rhumatologie (SRBR) a fait un choix audacieux : créer son propre fonds de recherche pour garantir son autonomie. 

Mais au-delà de l’aspect financier, ce fonds a relevé un défi typiquement belge : briser les silos académiques. 

Pourquoi ce modèle a-t-il changé la donne ? 

1️⃣ De l’isolement à la collaboration : Historiquement, nos universités fonctionnaient comme des « îles » indépendantes. Le FRSR a agi comme un pont, encourageant les chercheurs du Nord et du Sud du pays à unir leurs forces. Cette synergie entre universités flamandes et wallonnes est aujourd’hui l’un de nos plus grands atouts scientifiques. 

2️⃣ Une structure sur mesure : En créant un outil « propre » à la SRBR, nos prédécesseurs ont pu définir des priorités de recherche centrées sur nos réalités locales, tout en pérennisant le soutien de partenaires fidèles comme les Clubs Rotary

3️⃣ La transparence de la Fondation Roi Baudouin : Depuis 2009, notre fonds bénéficie de l’expertise de la Fondation Roi Baudouin — qui fête ses 50 ans cette année. Ce partenariat garantit une gestion éthique et rigoureuse pour chaque don ou legs reçu. 

Le patient comme destination finale Tout ce travail n’a qu’un seul but : que chaque avancée née de cette collaboration inter-universitaire se traduise, demain, par une meilleure prise en charge pour nos patients. 

Honorer notre centenaire en 2026, c’est célébrer une science belge unie et indépendante

La célébration des cinquante années d’existence de la Société belge de rhumatologie (SBR) a constitué une étape institutionnelle majeure, marquée par l’obtention du titre de « Société Royale » en 1976. L’octroi de cette dénomination royale est une prérogative accordée par le Roi aux associations belges justifiant d’une existence ininterrompue d’un demi-siècle, tout en satisfaisant à des critères d’évaluation rigoureux tels qu’une gestion saine, un but strictement non mercantile, ainsi qu’une vitalité et une solidité démontrées. Cette transition prestigieuse vers le statut de Société Royale Belge de Rhumatologie (SRBR) s’est accomplie sous le mandat présidentiel du Docteur Paul-Emile Ortegat.

Afin de marquer ce jubilé de manière solennelle, des événements scientifiques et académiques d’envergure ont été mis en place au début du mois de novembre 1976. Les festivités ont débuté le 5 novembre 1976 par l’organisation d’un symposium international de rhumatologie (« International Rheumatology Symposium ») qui s’est tenu à La Hulpe. Celui-ci a été immédiatement suivi, les 6 et 7 novembre, par une séance académique organisée à Bruxelles.

Cette séance académique bruxelloise a revêtu un caractère particulièrement officiel grâce à la présence de Sa Majesté la Reine Fabiola. L’événement a également rassemblé des représentants de l’Ordre des médecins, des délégués des différentes facultés de médecine du pays, ainsi que les instances internationales de la spécialité, à savoir la Ligue Internationale des Associations de Rhumatologie (ILAR) et la Ligue Européenne contre le Rhumatisme (EULAR). Le rayonnement scientifique de ce cinquantenaire a été assuré par la participation d’orateurs étrangers de grand renom, au rang desquels figuraient le Professeur Leon Sokoloff de New York, expert en pathologie du système locomoteur, et le Professeur J.J. de Blecourt de l’Université de Groningue.

Pour inscrire ce passage au statut de SRBR dans la durée, une médaille commémorative a été spécialement frappée pour l’occasion. Par ailleurs, ce cinquantième anniversaire a servi de catalyseur pour consolider l’indépendance scientifique de l’association. Comme l’a souligné le président Ortegat dans un éditorial rédigé en 1977, il était essentiel que la Société Royale Belge de Rhumatologie couronne le cinquantenaire de sa fondation en se dotant d’un organe de publication officiel qui lui soit propre. Cette volonté a directement conduit à la création de la revue Acta Rhumatologica, marquant ainsi la séparation éditoriale définitive d’avec les physiothérapeutes.